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RETOUR SUR LES APPORTS DE LA LOI SUR LES VIOLENCES ROUTIERES DU 09.07.2005, EN VIGUEUR DEPUIS LE 1er JANVIER 2026.

Beaucoup de textes évoluent en la matière du code de la route, et du droit routier en général, mais cette fois, le législatif et le politique ont souhaité marquer les esprits ave la loi du 9 juillet 2025 contre la violence routière.

 

Cette dernière devient pleinement applicable à partir du 1er janvier 2026, elle représente une étape symbolique importante dans la lutte contre les comportements dangereux sur les routes françaises. Elle introduit des mesures renforcées et spécifiques pour sanctionner plus sévèrement les infractions les plus graves et mieux protéger les victimes.

L’un des points clés de cette loi est la transformation des très grands excès de vitesse — ceux dépassant de 50 km/h la limite autorisée — en un délit pénal. Cette évolution juridique signifie que les conducteurs pris en flagrance de tels excès peuvent être poursuivis devant un tribunal correctionnel, avec des sanctions nettement plus lourdes qu’auparavant. Les amendes peuvent désormais atteindre jusqu’à 3 750 euros, et une peine d’emprisonnement allant jusqu’à trois mois peut être prononcée. En outre, la confiscation du véhicule est devenue obligatoire, sauf exceptions justifiées, et la suspension ou l’annulation du permis de conduire peut durer jusqu’à trois ans. Ces conducteurs devront également suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Cette mesure vise à frapper fort les comportements extrêmement dangereux, particulièrement sur les autoroutes et routes rapides, où la vitesse excessive multiplie considérablement le risque d’accidents mortels.

Autre avancée majeure : la création d’un délit spécifique d’homicide routier. Jusqu’ici, les homicides involontaires causés par la conduite relevaient du droit pénal général, ce qui pouvait rendre les poursuites moins ciblées et les sanctions moins adaptées à la gravité des faits. Dorénavant, ce délit vise directement les conducteurs responsables d’accidents mortels liés à une conduite dangereuse, qu’il s’agisse d’excès de vitesse, de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, de refus d’obtempérer ou de conduite imprudente. Les peines encourues sont sévères : jusqu’à cinq ans de prison, accompagnés d’interdictions de conduire pouvant s’étendre jusqu’à dix ans, ainsi que des amendes substantielles. L’objectif est clair : mieux protéger les victimes en reconnaissant la gravité spécifique des homicides routiers et dissuader fortement les comportements à risque.

La loi renforce également les mesures concernant la suspension et l’annulation du permis de conduire. Pour les infractions les plus graves, la durée maximale de suspension peut atteindre dix ans. À l’issue de cette période, le conducteur concerné doit repasser son permis et peut être soumis à des examens médicaux ou psychotechniques afin de garantir son aptitude à reprendre la route dans des conditions de sécurité optimales.

 

Plus précisément, il faut noter l’aggravation des sanctions pour les conducteurs contrôlés positifs à la fois à l’alcool et aux stupéfiants, avec un retrait automatique de 9 points au lieu de 6 points auparavant, ce qui en fait l’infraction aux plus lourds retraits de points prévus par le code de la route.

Cette mesure vise à renforcer la sécurité routière en sanctionnant plus sévèrement ce cumul particulièrement dangereux, avec des peines qui peuvent aller jusqu’à 5 ans de prison et 15 000 € d’amende.

Par ailleurs, la loi prévoit des mesures complémentaires pour améliorer l’accompagnement des victimes d’accidents. L’accès à l’information et aux aides juridiques est facilité, afin de mieux soutenir les personnes touchées. Sur le plan de la prévention, des campagnes ciblées seront développées, mettant notamment l’accent sur les dangers de la vitesse excessive et de la conduite sous influence. Enfin, les contrôles routiers sont renforcés, avec une utilisation accrue des dispositifs automatiques tels que les radars et les éthylotests anti-démarrage, pour mieux détecter et sanctionner les infractions.

En résumé, cette loi du 9 juillet 2025 constitue un véritable tournant dans la lutte contre la violence routière en France. Elle durcit les sanctions à l’encontre des comportements les plus dangereux, reconnaît spécifiquement la gravité des homicides routiers, améliore la protection et l’accompagnement des victimes, tout en renforçant la prévention et le contrôle. Ces mesures combinées visent à réduire significativement la mortalité sur les routes et à encourager une conduite plus responsable.